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Un prêtre vendéen nous écrit du Japon

lundi 21 mars 2011, par admin

Je vis dans le département de YAMANASHI à KOFU (préfecture). C’est à 100 Km au Sud Est de Tokyo. J’étais au 1er étage, quand la terre a tremblé.

C’est la plus grosse secousse que j’ai ressentie depuis que je suis au Japon. Mais comme je suis assez loin de l’épicentre (4-500Km), il n’y a eu aucun dégât chez moi comme dans tout mon département. Quand ça c’est calmé, je suis descendu allumer ma télévision. Dans la minute, on indiquait l’endroit du tremblement de terre, sa puissance, et le risque de tsunami. Quelques minutes plus tard, on précisait l’heure d’arrivée et la hauteur probable du tsunami dans les différents ports et villes de la côte. Je me souviens qu’au début, c’était entre 1 et 3 4m, puis très vite 5 6m pour certains endroits. C’est grâce à cette rapidité de l’information que beaucoup de personnes ont été sauvées. Beaucoup se sont réfugiés en hauteur, mais ils n’ont eu que 10 à 30 40 minutes pour le faire. Beaucoup de personnes âgées ou autres n’en n’ont pas eu le temps. Le drame de beaucoup de ces personnes, c’est, après s’être réfugiées en hauteur, d’avoir vu leur maison, leur village, ou toute leur ville anéantie par les flots. La plupart des maisons japonaises sont construites pour résister aux tremblements de terre, mais pas à un tel tsunami. C’est la même chose pour les centrales nucléaires. C’est le tsunami qui a ravagé toutes les installations électriques et autres qui existent autour des centrales et qui a provoqué la catastrophe actuelle.

Disons en un mot, que le peuple japonais est admirable dans l’épreuve. Même si l’ensemble de la population japonaise, qui n’a pas été affecté par le tremblement de terre, ni par le tsunami, continue donc sa vie de tout les jours, dans son cœur elle est solidaire de ceux qui ont tout perdu en un instant. Il faudra du temps pour que ces jolis petits ports et villes de la côte se refassent, mais, grâce à beaucoup de gestes de solidarité, les gens commencent à reprendre le dessus.

Le problème des centrales nucléaires, qui n’est pas encore résolu, est plus complexe. Les japonais restent calmes. C’est grave, mais ce n’est pas encore la catastrophe. Les ouvriers travaillent jour et nuit pour empêcher justement la catastrophe, et on commence à avoir davantage d’espoir qu’ils y arriveront. Mais c’est la fin d’un mythe. Je crois que le Japon a perdu pour toujours une de ses certitudes. A savoir qu’il n’y a pas de sécurité absolu avec le nucléaire.

Michel Gaultier, prêtre des Missions Etrangères de Paris, originaire de Chantonnay, au Japon depuis 1970