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Cercle du silence à Fontenay

mercredi 28 septembre 2011, par admin

QUAND LE SILENCE SE DONNE A ENTENDRE- Fontenay le Comte – 21/05/2011

La dignité de chaque personne ne se discute pas. Elle se respecte. Notre silence le crie et le criera jusqu’aux changements indispensables.

En ce samedi matin 21 mai 2011, sous un soleil de plomb, s’est formé à Fontenay le Comte le 1er Cercle de Silence : trente personnes au départ, pas loin de quatre-vingt vers 11 heures ; en ajoutant tous ceux qui sont entrés un moment, nous sommes bien une centaine à nous être rassemblés, immobiles, au cœur du marché.

Soixante minutes d’interpellation silencieuse pour « dénoncer les traitements inhumains réservés aux migrants du seul fait qu’ils n’ont pas de papier en règle »et exprimer « la volonté que la France redevienne un pays d’accueil, sans cesse enrichi et transformé par des êtres humains venus du monde entier ».

Pas un rassemblement informe mais plusieurs cercles concentriques, belles lignes égalitaires, encore plus fraternelles lorsque, vers la fin, nous nous prenons par la main. Jeune ou plus âgé, noir ou blanc, français ou étranger, religieux ou laïc, croyant au ciel ou n’y croyant pas, militant convaincu ou simple citoyen, chaque femme et chaque homme par notre présence sommes signes de cette Humanité dans laquelle nous voulons encore croire, celle qui accueille et respecte, celle qui rassemble, celle qui refuse la violence, celle qui s’indigne devant les atteintes aux droits fondamentaux de ses semblables.

Autour de notre Cercle, quatre panneaux, aimablement prêtés par les amis du Cercle de La Roche sur Yon, expliquent la démarche et informent sur la situation des sans papiers et sur la nouvelle loi votée le 11 mai 2011, qui restreint les droits des migrants et entrave le droit d’asile. Nombreux sont les fontenaisiens qui s’approchent des panneaux pour les lire, parfois questionnés par leurs enfants. Certains entrent ensuite dans le Cercle. Beaucoup d’indifférents aussi mais pas de réaction hostile affichée.

Pas de slogans martelés, mais le silence. Silence en raison de la gravité de la situation. Silence habité qui permet la réflexion et l’intériorité voire la prière pour certains. Silence qui unit au-delà des idéologies ou des croyances. Silence plus assourdissant que tous les cris. Silence sans haine ni jugement mais silence qui interroge et interpelle. Silence qui force le respect au point que les passants eux-mêmes baissent la voix quand ils s’approchent.

Au centre du Cercle brûle la petite flamme d’une bougie placée dans une lampe posée à même le sol. A l’observer, je me sens, comme elle, fragile et forte. Fragile comme tant de vies brisées par la haine ou par la loi, fragile de mes faiblesses, de mes lâchetés ; forte de l’espérance des veilleurs, forte de la solidarité symbolisée par notre rassemblement, forte de ma foi au Seigneur qui nous a dit « Tu accueilleras l’étranger ».Gardons-là au cœur, cette petite flamme, et qu’elle devienne un brasier !

Monique Benoteau
Pastorale des Migrants