Diocèse de Luçon

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Découvrir le patrimoine religieux de la Vendée

mercredi 20 juin 2012, par admin


Durant les mois d’été, profitez du temps des vacances ou de vos week-ends, pour découvrir la force et la foi du patrimoine religieux vendéen. Outre les sites connus et valorisés, situés dans le département (cathédrale, abbayes, sanctuaires…), partez à la découverte d’un patrimoine religieux moins connu, plus caché, moins mis en valeur, mais vibrant d’une histoire toute aussi forte et de la foi profonde de ceux qui s’y sont recueillis avant vous. Nous avons choisi pour vous six lieux authentiques, de nombreux autres vous attendent également !

Les expositions de l’été (en rouge dans l’agenda)

L’église Notre-Dame du Vieux Pouzauges.

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Quand la peinture instruit les fidèles.[/bleu]

Haut-lieu de l’époque romane en Bas-Poitou, Notre-Dame du Vieux Pouzauges est une église des XIe-XIIème siècles, au sud-est du centre-ville de Pouzauges, lui faisant face sur une hauteur. Eglise romane ne veut pas dire dépouillement puisque l’on découvre de magnifiques fresques romanes (fin XII-début XIIIème siècles). Des scènes de l’Ancien Testament cohabitent avec l’histoire de la Vierge Marie (cf. photo). Certaines peintures illustrent les mois de l’année, du printemps à l’hiver. Les moissons, la chasse, et l’amour courtois sont ainsi représentés. Peut-être les plus vieilles représentations iconographiques de nos ancêtres et de leurs habitudes vestimentaires ! Le visiteur prend conscience également que toutes les parties des murs et mêmes les colonnes n’échappent pas à la couleur de la peinture. Le regard sur l’art roman en est bouleversé. L’iconographie et l’état de conservation de ces fresques en font un site unique en Europe, depuis qu’en 1948, attirés par quelques tâches de couleur que le soleil faisait ressortir sur un mur, on découvrit sous l’enduit qui les dissimulait ces fresques exceptionnelles. De 1988 à 1992, une campagne de restauration a eu lieu.

Accès libre. Explication des peintures murales par bande sonore. Visites guidées pour groupes sur rendez-vous, renseignements en mairie.

Chapelle Sainte-Ursule, Luçon.

[bleu]Quand les anges chantent et jouent pour la gloire de Dieu.[/bleu]




Située rue Clémenceau, et dépendante du collège-lycée Ste Ursule, l’ancienne chapelle des religieuses ursulines, est un des joyaux cachés de la ville épiscopale. Les Ursulines tinrent couvent et pensionnat de 1631 à 1792 à Luçon. En 1822, les religieuses ayant survécu à la Révolution se réunirent avec les Ursulines de Jésus nouvellement fondées à Chavagnes. La construction et la décoration de la chapelle remontent à la fin du XVII° siècle. Le plafond en bois de pitchpin a été restauré en 1975. La décoration du plafond est de style classique. Il suffit de rechercher tous les éléments symétriques On peut regarder le plafond en partant du fond vers l’avant et découvrir un sens de lecture : de la terre vers le ciel. Le premier rectangle du fond est consacré à la musique. On sait que les religieuses plaçaient l’éducation musicale parmi les disciplines de formation personnelle. Avant d’entrer dans la plénitude céleste, il faut passer par la mort, c’est le sujet du panneau central dont l’iconographie est très riche. Le retable baroque montre Dieu le Père, sous les traits d’un vieillard aux bras grands ouverts, accueillant, nullement redoutable. En-dessous des deux cœurs (de Jésus et de Marie), on découvre Sœur Angèle Mérici, italienne fondatrice de la congrégation des Ursulines au XVIème siècle. Présence également dans la chapelle d’une Vierge à l’Enfant, sculpture sur bois de la fin du XVIIIème siècle.
Accès durant les mois de juillet et d’aout, tous les après-midi du lundi au samedi. Visites guidées possibles.

La grotte du Père de Montfort, Mervent.

[bleu]Un patrimoine naturel « christianisé »[/bleu]




Au cœur du massif forestier de Mervent, à l’aplomb du barrage, dans un havre de paix et de verdure, se trouve un monument religieux très original. Patrimoine naturel devenu par la force de l’histoire et la piété populaire, monument religieux, cette grotte attire chaque année un pèlerinage en septembre. La grotte, maintenant aménagée avec autel, râtelier pour les cierges et ex-voto, est un des ermitages de Saint Louis Marie Grignion de Montfort. Il y séjourne à trois époques assez rapprochées, en juin, en septembre, et en octobre 1715. Entre temps, il se met à prêcher les missions de Mervent, de Fontenay-le-Comte et de Vouvant. La forêt de 2.700 ha plaît à Montfort, désireux de se retirer dans le silence et le recueillement. Il avise un coteau dénommé « La Roche aux Faons » et une grotte surplombant la rivière, la Mère, et qui sert de refuge aux animaux et de lieu de repos aux bûcherons. Il y écrira un cantique de 37 couplets : « Cantique nouveau sur la solitude ». Il envisage d’aménager la grotte pour l’hiver. Avec l’aide de paroissiens, il entreprend la construction d’un mur devant la grotte pour se garantir contre le mordant du vent. Il fait arracher des souches de châtaigniers pour les encastrer entre les pierres sèches du mur pour faire une petite cour devant la grotte. Mais les responsables des Eaux et Forêts lui dressent procès-verbal et font cesser la construction du mur et arrêter le projet. Son dessein est encore d’y faire bâtir une petite chapelle et d’y planter une grande croix. Il ne se réalisera que longtemps après sa mort. Aujourd’hui, avant de descendre près de la grotte, le pèlerin croise en pleine végétation une vieille statue du P. de Montfort, mangée et abimée par le temps et les hommes (cf. photo). Oui, quelqu’un d’exceptionnel a vécu et prié ici !

La Chapelle de la Tullévrière, St Etienne-du-Bois.

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Au cœur des Guerres de Vendée[/bleu]




La Tullévrière. Petit village sans histoire dans la campagne de Saint-Etienne du Bois, dans le canton de Palluau. Lors du passage des colonnes infernales, en 1794, une partie des habitants de ce hameau échappa par miracle au passage, à quelques mètres des maisons, d’une « colonne infernale » se dirigeant vers le Petit-Luc. Ancien curé non-jureur de Croix de Vie, réfugié dans le village, l’abbé Alexandre Ténèbre, les ayant convaincus de ne pas quitter les lieux naturellement protégés par les bois et les halliers épais ; ceux qui ne lui firent pas confiance furent malheureusement massacrés par les bleus non loin de là (leurs noms sont inscrits sur une plaque dans la chapelle, cf. photo). Dès 1794, en pleine Terreur, l’abbé Ténèbre érige avec les habitants une chapelle à la mémoire des victimes des colonnes mais aussi en remerciement à Dieu pour avoir épargné le village. La chapelle est reconstruite en 1835 et agrandie en 1875. « Notre-Dame-des-Martyrs-du-Bas-Poitou » continue toujours d’attirer, et le site conserve âme et authenticité. Une statue du curé courageux, signée Henri Murail, vient agrémenter la place devant la chapelle, cette dernière ayant récemment été mise en valeur par le Conseil Général.

La Chapelle de Lorette et la Sainte Maison, la Flocellière.

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Une chapelle méditerranéenne en terre vendéenne.[/bleu]




Il y a des lieux qui sortent du commun. La réplique de la Santa Casa de Lorette, située à l’arrière de la chapelle Notre Dame de Lorette, à la Flocellière, en est un exemple. Construite de 1640 à 1658, l’abbatiale de l’ancien couvent des Carmes, fut le fruit d’une belle histoire d’amour entre le Marquis de Maille-Brezé, seigneur de la Flocellière, et Lady Hamilton. La belle Ecossaise fit don de sa fortune pour la construction d’un monastère dédié à Notre-Dame de Lorette. Le bâtiment, voué à la ruine après le passage des colonnes infernales, fut restauré grâce à la ténacité de l’abbé Joseph Dalin (1800-1884). Ce dernier, prêtre au charisme exceptionnel, initiateur des premiers pèlerinages à Lourdes dans le diocèse, fit en plus construire une réplique exacte de la Sainte Maison de Lorette. Cette Santa Casa, faite de briques rouges, avec un seul puits de lumière par le toit pour l’éclairer, est digne des chapelles de Terre Sainte ! Sa décoration actuelle avec notamment ses lampes à huile y fait pour beaucoup. La Santa Casa de Lorette en Italie serait, selon la tradition, la maison de la Vierge Marie à Nazareth, ramenée en Europe, pierres par pierres, par des croisés au XIIIe siècle. Le père Dalin envoya en Italie un artiste nantais peintre, dessinateur et lithographe, Felix Benoist. Il rapporta de Lorette les plans détaillés et millimétrés de la Santa Casa. La construction à l’identique débuta en 1873, et le 18 décembre, Monseigneur Collet est venu bénir la sainte Maison à la Flocellière. Un lieu spirituel très fort qui n’attend plus qu’un nouveau pèlerinage !
Ouverte tous les jours de 9H à 19H. Visites guidées sur rendez-vous. Tel : 02 51 57 27 05 - Association La Boulite.

Notre-Dame de la Salette, la Rabatelière.

[bleu]La dévotion hors-norme d’un prêtre-architecte- maçon… ![/bleu]




A la Rabatelière, le sanctuaire de la Salette, construit à la fin du XIXème siècle, rappelant l’apparition de la Vierge en septembre 1846 en Isère, est une curiosité architecturale qui ne laissera personne indifférent ! Construit par les habitants sous le presbytérat de l’abbé Elie Hillairet, curé de La Rabatelière de 1873 à 1908, l’ensemble se compose de trois monuments distincts mais regroupés sur le même site : le monument à Notre-Dame de la Salette, le rosaire et le monument à la Croix de Jérusalem. Le monument à la Salette est marqué par des terrasses successives où sont installés des groupes de statues en fonte peinte représentant les épisodes de l’apparition de la Vierge Marie aux enfants de la Salette en 1846. Les allées délimitent des parterres jardinés entourés de buis, enrichis depuis la construction d’arbres exotiques comme palmiers, yuccas, chamaecyparis, etc ... Un dépaysement en bocage vendéen ! La statue de la Vierge domine l’ensemble. Le Rosaire, lui, est aménagé le long d’une rampe gazonnée bordée par quinze stèles, rappelant les mystères du Rosaire, ponctuées de tourelles. Au sommet de la montée, est érigée une construction de plan carré précédée de tourelles de tailles croissantes, à l’intérieur se trouve un reposoir avec une Piéta en fonte peinte. Le monument à la Croix de Jérusalem couronne avec pompe l’ensemble architectural, à quelques dizaines de mètres du reposoir. Il s ‘agit d’un donjon carré et crénelé, à l’intérieur duquel un monument à la Croix est érigé. Au pied d’une très haute croix de chêne, deux statues représentant la Foi sous les traits d’une jeune femme tenant un ciboire, tendant la main à la Vendée représentée par une jeune femme la tête ceinte d’une couronne de palmes et tenant sur son cœur un chapelet ; à leurs pieds, les débris d’armes des combats des guerres de Vendée. Le site vient d’être entièrement restauré par la municipalité et le conseil Général. Un pèlerinage a lieu chaque année le premier dimanche de septembre.

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Voici un livre pour découvrir ou redécouvrir par la photo, l’abbaye prestigieuse comme le petite église romane, la toile de maître comme la statue taillée par l’artisan local. Ces lieux et ces objets nous content onze siècles d’histoire et de foi en Vendée

“Patrimoine religieux de Vendée” 238 pages, 250 photos couleurs. Textes Joseph Renaud, Photos Claude Arrignon. Editions Siloë. 20 €