Diocèse de Luçon

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Catholiques en Vendée n°72 du 12 février 2013

mercredi 13 février 2013, par admin



Tel est le jeûne que je préfère… (Is 58, 6…)

La parole du prophète Isaïe nous aide à commencer
le carême. Elle dénonce le ritualisme et les faux-semblants
de nombre de ses contemporains. En définissant
le jeûne que Dieu aime : défaire les chaînes injustes, délier
les liens du joug, renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs

(Is 58, 7), le prophète semble orienter le judaïsme de ses
pères vers un humanisme, qui aujourd’hui est acceptable par
tous. Or, une telle interprétation paraît inconcevable à son
époque, car les institutions et toutes les pratiques juives sont
alors fondées sur la foi d’Israël : « Ecoute, Israël : le Seigneur
notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras ton Dieu de tout ton
coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir »
(Dt 6, 4 -6). Une
relecture actuelle de la prophétie d’Isaïe ne peut se faire en
négligeant la foi vivante du peuple choisi.

Au temps de Jésus, un épisode permet de mieux comprendre
le sens du jeûne. Interrogé sur le comportement
laxiste de ses disciples qui ne jeûnent pas comme les disciples
de Jean et les pharisiens, il répond : « Les invités de la
noce pourraient-ils donc jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ?
Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais un
temps viendra où l’Époux leur sera enlevé : ce jour-là ils jeûneront »

(Mc 2, 18-21). Visiblement, Jésus s’identifie à l’Epoux. En sa
personne, le royaume de Dieu advient. Les témoins vivent
alors dans l’action de grâce, illuminés par la présence du
Christ. Ainsi, le temps du jeûne ne prend son sens que dans
l’attente de la venue du Seigneur, en créant en nous le désir
de Dieu, de son royaume et de sa justice. Le désir d’équité,
de charité et de solidarité qui habite légitimement le coeur
des hommes, ne peut en fait être assouvi que par Dieu seul.
En creusant en nous le désir de Dieu par le jeûne et la prière,
nous devenons acteurs d’un monde plus juste, plus beau et
plus solidaire.

Evidemment, en ce début du temps de Carême, notre vie
spirituelle s’oriente vers Dieu. Nous allons signifier notre
faim et notre soif de sa venue en nous et dans le monde.
Nous tenterons aussi de vivre dans une cohérence renouvelée
notre foi et notre engagement dans
ce monde.

Dans son message de Carême, le Pape Benoît XVI attire
notre attention sur le lien indissoluble existant entre foi et
charité. N’est-ce pas ce que nous tentons de vivre pendant
cette Année de la foi et par la démarche Diaconia ?

« L’existence chrétienne consiste en une ascension continue du
mont de la rencontre avec Dieu pour ensuite redescendre, en portant
l’amour et la force qui en dérivent, de manière à servir nos frères et
soeurs avec le même amour que Dieu. Dans l’Ecriture Sainte, nous
voyons que le zèle des Apôtres pour l’annonce de l’Évangile que suscite
la foi est étroitement lié à l’attention charitable du service envers
les pauvres (cf. Ac 6, 1-4). Dans l’Église, contemplation et action,
symbolisées d’une certaine manière par les figures évangéliques des
soeurs Marie et Marthe, doivent coexister et s’intégrer (cf. Lc 10,
38-42). La priorité va toujours au rapport avec Dieu et le vrai partage
évangélique doit s’enraciner dans la foi (cf. Catéchèse lors de
l’Audience générale du 25 avril 2012). Parfois, on tend en effet à
circonscrire le terme de “charité” à la solidarité ou à la simple aide
humanitaire. Il est important, en revanche, de rappeler que la plus
grande oeuvre de charité est justement l’évangélisation, c’est-à-dire le
“service de la Parole”. Il n’y a pas d’action plus bénéfique, et donc
charitable, envers le prochain que rompre le pain de la Parole de
Dieu, le faire participer de la Bonne Nouvelle de l’Évangile, l’introduire
dans la relation avec Dieu : l’évangélisation est la promotion
la plus élevée et la plus complète de la personne humaine. »
 [1]

Nous aurons le temps de méditer toutes ces paroles et
les attitudes concrètes qu’elles devraient susciter dans nos
vies de disciples. Je souhaite que le Carême 2013 soit un
temps de grâce donné par le Seigneur. Je le supplie de nous
conduire sur le chemin de la vie parfaite en faisant de nous
des témoins renouvelés de son amour.

✠ Alain Castet
évêque de Luçon

- 1 ÉDITO de Mgr Castet

  • « Tel est le jeûne que je préfère… »

- 2-3 OFFICIEL

- 5/7/11 AGENDA DU DIOCÈSE

- 4-6 VIE DU DIOCÈSE

  • JMJ 2013 : les jeunes vendéens
    se préparent !
  • Célébration diocésaine pour la fête
    de la vie consacrée
  • Session diocésaine à Chavagnes-en-Paillers
    pour les prêtres, diacres et laïcs en mission
    ecclésiale

- 7 QUAND JE DIS : JE CROIS

  • « Par l’Esprit-Saint,
    Il a pris chair de la Vierge Marie »

- 8-9 VOUS L’AVEZ VÉCU

- 10-13 DOSSIER

  • Entrée en Carême : « Ce n’est pas moi qui vis,
    mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20)

- 14-17 VIE DE PAROISSE

  • Dans le Sud-Vendée,
    la paroisse Sainte-Marie en Plaine et Marais

- 18-19 REGARD SUR L’ART

  • Le bon samaritain

- 20-21 PAGES CULTURE

- 22-23 MÉDIAS

- 24 VIE SPIRITUELLE

  • Les clés de l’Évangile

- 25 ACTUALITÉS

- 26-27 BANDE DESSINÉE

  • Pier Giorgio Frassati

- 28 TÉMOIN

  • Yves Denis : « L’Esprit-Saint me donne la force
    pour affronter la maladie »

- III PRIÈRE


[1Benoît XVI, Message pour le Carême 2013.